Le témoignage d’Agnès: traitements dégradants, traitements forcés en France.

http://depsychiatriser.blogspot.no/2016/03/le-temoignage-dagnes-traitements.html

En violation de l’article 16 de l’ONU, les personnes présentant un handicap psychiques subissent des traitement dégradants qui bafouent  toute dignité humaine.

Voici mon témoignage :

J’ai été hospitalisée 2 fois dernièrement à l’hôpital psychiatrique relevant de mon département
En juin, il m’ont placée dans une chambre d’isolation et m’ont attachée pendant 2 jours. J’étais allée aux toilettes le dimanche à midi et j’ai été hospitalisée vers 17heures. Le lendemain toujours attachée, j’ai crié que j’avais envie de faire pipi. Ne voyant personne venir, j’ai fini à bout par uriner dans mon lit. Des infirmiers sont venus. Ils m’ont déshabillée de force et m’ont écarté les jambes pour me placer une couche pour incontinents. Ils m’ont arraché la veste de pyjama et essayé d’ôter mon soutien-gorge, le tout avec une violence inouïe.Aujourd’hui encore j’ai un profond sentiment de honte tant je  ressens cet acte comme un viol de mon intimité. En y pensant ma gorge se noue et mon estomac se serre.

La 2éme fois en septembre cette fois, j’ai été placée en chambre d’isolement. Elle était pourvue de toilettes verrouillées de l’extérieur ce qui vous contraint à aller uriner dans un seau hygiénique sous “l’œil bienveillant” d’une caméra de vidéo-surveillance. Enfermée ainsi pendant 3 jours et 4 nuits, vous perdez la notion jour et nuit. Quand, vous sortez enfin, vous voilà docile comme un mouton prêt à quémander ou presque les médicaments que ‘l’on vous a prescrits et que l’on vous donne à heure fixe 3 fois par jour.

Tels sont les méthodes chocs employées par l’hôpital psychiatrique de mon département pour mâter les plus récalcitrants… Comment conserver l’estime de soi et se réintégrer socialement quand on a subi de tels traitements et qu’on ne peut communiquer sur ce qu’on a vécu ?

Je vis dans le sud de la France, pays des droits de l’Homme qui a pour devise “Liberté, Égalité, Fraternité”. J’ai une reconnaissance de handicap à 80%.

Je veux que vous apportiez mon témoignage pour que cessent ces méthodes indignes pour l’être humain et indignes du XXIe siècle.

Je voudrais dire aussi que lorsque j’ai été attachée, ils ont serré si fort les liens de contention que j’étais dans l’incapacité de bouger et que même sans bouger, ma cheville a été entaillée.

J’ajouterai que dans ce même hôpital, on utilise des mesures vexatoires à l’encontre des patients; on leur ôte toute dignité en les contraignant à rester en pyjama devant les autres patients pendant au moins 5 jours, le plus souvent une semaine, voire plus. C’est le médecin qui décide de la levée de la contrainte.

Enfin, il faut savoir que dans notre pays, les malades psychiatriques internés relèvent du “juge des liberté et de la détention” qui est aussi le juge des prisonniers de droit commun, alors que la plupart d’entre nous, n’avons commis aucun délit. Au bout de 10 jours environ, vous êtes admis à comparaître devant lui. Comment se défendre quand assommée de médicaments, on a peine à avoir les idées claires, à aligner ces phrases à trouver ses mots ? En fait le but de cette audience est avant tout de démontrer que vous n’êtes pas coopérant avec les soins ce qui justifie la poursuite de votre internement dans l’établissement.

Je pourrais aussi parler des effets qu’ont eu sur moi les neuroleptiques. Lorsqu’on me les a administrés pour la première fois, j’étais revenue à la réalité après 3 jours de bouffée délirante aiguë. Depuis chaque fois que je les arrête ou qu’on les baisse trop brusquement  ou qu’on me prescrit un traitement inadapté, je rechute.

On me disait brillante et aujourd’hui, je ne suis plus que l’ombre de moi-même: j’ai perdu mon affect, tout sens critique toute capacité d’analyser, toute intelligence émotionnelle et mes facultés cognitives. Comme ce sont les émotions qui fixent la mémoire, je suis vide de souvenirs depuis 17 ans. J’ai de grands trous noirs concernant des événements que j’ai vécus ce qui est terriblement angoissant. J’ai perdu toute curiosité intellectuelle, tout intérêt pour les choses y compris pour le domaine pour lequel j’ai effectué des études universitaires. Je subis la vie sans la vivre vraiment. Je suis une morte-vivante. A certains moments j’ai même été zombifiée. C’est ainsi qu’on m’a imposée une contrainte de soins après ma sortie de l’hôpital (loi qui a été généralisée en France par Nicolas Sarkozy en  2011) : tous les 14 jours, on m’administrait une piqûre de 50 mg de risperdal constat et les infirmiers passaient tous les soirs à mon domicile pour me contraindre à prendre un comprimé de 4 mg de risperdal (rispéridone). Incapable de me concentrer et souffrant de terribles anxiétés, j’ai été contrainte de prendre un travail à mi-temps.

Vous pouvez publier mon témoignage. J’ose espérer qu’il va servir à mettre fin à certaines méthodes utilisée par la psychiatrie moderne. Je sais qu’un jour, des gens s’étonneront de l’emploi de méthodes si barbares et  que peut-être dans un proche avenir des individus, avec l’avancée des connaissances, traîneront en justice les médecins et les industries pharmaceutiques, responsables de leur état.

C’est paradoxal. Les “psychiatres” comme leur nom l’indique devraient soigner la psychée (l’âme). Or justement en tant qu’handicapés psychiques, nous ne sommes pas traités comme des êtres humains par certains personnels soignants et cela dans l’indifférence presque totale de la société qui cautionne de tels traitements dégradants qui vont pourtant à l’encontre de la Convention de l’ONU contre la torture et les traitements dégradants. : il y a les végétaux, les animaux, les malades mentaux et l’espèce humaine. Que s’imaginent-ils? Que parce que nous perdons la raison, nous perdons notre conscience, que nous n’avons pas d’âme et que notre ressenti est celui d’un animal ? En fait je pense qu’ils ne font pas ça non parce que nous constituons un danger pour eux et pour les patients mais parce qu’ils croient qu’en nous traitant comme ça, cela nous dissuadera d’arrêter les médicament. Qu’ils se détrompent! Nous les arrêterons encore et encore pour leur prouver le contraire et nous prouver aussi à nous-même que nous sommes des êtres humains.

J’en ai moi-même fait l’expérience : en 2013, j’ai été hospitalisée une nouvelle fois à l’hôpital psychiatrique, après avoir arrêté mes médicaments,. Je n’y ai pas subi de sévices et cette fois là, et je suis tombée sur une psychiatre humaine qui m’a bien expliqué qu’il fallait que je sois stabilisée pendant 4 ans avant de pouvoir essayer (avec l’aide d’un médecin) d’arrêter les neuroleptiques. Je n’ai  plus jamais arrêté mes médicaments. J’ai rechuté en 2015 (j’avais des comprimés à cette époque que je prenais toute seule) peut-être parce que mes doses étaient trop basses. A l’hôpital sous la pression de ma famille, le psychiatre a instauré une injection retard d’abilify et comme ce traitement est destiné aux personnes atteintes de schizophrénie, j’ai rechuté une 2e fois, un mois après.

Aujourd’hui, j’aimerais bien revenir aux comprimés et être considéré comme un être humain responsable. Les injections retard sont dégradantes..Elles ne permettent pas de nuancer et d’ajuster au plus près les médicaments. Sans compter que leurs effets à long terme ne sont pas connus. Que se passerait-il en cas de syndrome malin des neuroleptiques ? C’est une question que je me pose. Malheureusement les psychiatres abusent de ces injections les généralisent et les banalisent sans mesurer les effets qu’elles engendrent. Quant à moi, je n’ arrêterai plus mon traitement car avec ce que j’ai lu là-dessus, j’ai bien compris que les neuroleptiques ou antipsychotiques sont comme une drogue et doivent être arrêtés très progressivement pendant une longue période avec des paliers de stabilisation. Les arrêter brutalement c’est le meilleur moyen de basculer dans la folie. Il m’aura fallu 17 ans pour que je comprenne tout ça, alors que si on m’avait expliqué cela dès le début(ou presque) en me considérant comme un adulte à part entière, un malade comme les autres, doué de conscience et de raison,  je n’en serais sûrement pas à ma 10ème ou 11éme hospitalisation.

4 thoughts on “Le témoignage d’Agnès: traitements dégradants, traitements forcés en France.

  1. Like most children, my son was an energetic, playful, funny little boy, who grew up to become a very sweet, caring, loving, polite, respectful, tall and handsome gentleman. However…:

    He was 12 years old when he was diagnosed with ADHD (Attention Deficiency Hyperactivity Disorder), because he was not learning at the same pace as his peers… and he was then put on RITALIN… in 1992!

    That was when his lifelong nightmare began…!

    He’s been hospitalized 29 times, mostly from withdrawal syndromes when he stopped taking his psychiatric drugs.

    He’s attempted to commit suicide 4 times. 3 times by overdosing on pills and once by walking on a busy parkway with the intention of getting hit by a car (Thanks be to God, the Police caught him and took him to the hospital).

    He’s been on 38 different medications from “Abilify” to “Zyprexa”. I always keep records. Doctors are always trying new or different drugs, sometimes up to 7 at a time that made him even worse! Then diagnosed with schizophrenia!

    Being a mentally ill person took away all his rights. His rights to be angry, which is a normal emotion. His right to say no for good reason. His right to object, etc.

    While hospitalized at a psychiatric center in Nov 2014 – Aug 2015, he was already on 3 medications when the doctors wanted to put him on a “Last Resort VERY DANGEROUS” drug!

    He said NO! He told me about it, I also said NO! I met with the doctors a few times to explain my concerns on the dangers of that drug!

    This drug requires that my son has blood work every week to monitor him for any sign of Neutropenia, a dangerous life-threatening infection (FDA)!

    On March 13, 2015, 2 doctors there signed an Affidavit stated: “That appended hereto are the affidavits of G. S. MD and C.D.LS. MD, who have examined and evaluated and concluded that said patient is in need of medications (he was already on 3) and is “NOT COMPETENT” to make an informed and reasoned treatment decision”!

    The court date was supposed to be on March 31st to request that a judge ordered him to take it. However, they manipulated my son by telling him if he wants to be discharged (all he ever wanted) he had to take it. My son then said yes.

    They cancelled the court appointment, went ahead anyway (he was not competent…) and put my son on the dangerous drug on March 27!

    Does it make any sense here??? Was he supposed to SIGN A CONSENT FORM???

    That was when my son’s “new” nightmare started!

    He’s been constipated and had to be on 2-5 different things for constipation! He was drooling and could not keep his mouth shot! His face, lips and tongue were swollen!

    Then, on July 30th, he had a fever and was taken to ER at a medical hospital from the center.

    The diagnostics were:

    1) SEPSIS, a dangerous blood infection!
    2) Neuroleptic Malignant Syndrome, a life-threatening neurological disorder!

    Both were side effects of the Clozapine!

    The medical hospital did not tell me about those 2 problems when I asked every single day. They did not tell me they were treating him with antibiotic the whole week! They kept telling me they could not find the cause of the fever!

    When I obtained the discharge documents from both hospitals, the 2 problems were reported on the medical hospital’s, but “OMITTED” on the psychiatric center’s…! The later just put: “he had a fever because of an injection site and was treated at XYZ hospital….!

    A report stated that, “If anyone develop a severe infection or Neuroleptic Malignant Syndrome while on Clozapine, the drug should be discontinued”!

    But the psychiatric center’s doctors did not stop it! They discharged my son on it in August 2015!

    I fought my heart out, meeting with the doctors, Clinical Director, writing letters to US Secretary of Health, to Disability Rights, to Mental Hygiene Legal Services, etc., trying to get help for the doctors to stop the dangerous drug, but in vain!

    He also have LVH (Left Ventricular Hypertrophy), thickening of the heart muscle that is responsible to supply oxygenated blood to the rest of the body, most likely caused by all those drugs he’s been on for years!

    Now, 6 months later, on Saturday February 27th of this year, my son was having chest pain and had difficulty breathing! I took him again to ER! He was hospitalized for 9 days!

    After countless tests: numerous blood works, X-Rays, CT-Scan, Angiogram, Stress tests, the diagnosis were:

    1) Pneumonia (lung infection)

    2) Pleural Effusion (fluid in his chest – 2 liters drained)

    The doctors ruled out multiple sources of the infection and CONCLUDED that his problems were “ADVERSE REACTIONS OF THAT DANGEROUS DRUG”!

    ***FINALLY, while being discharged on 3/6, the doctors ordered his new outpatient psychiatrist to DISCONTINUE THAT DRUG!!!!!!!!!! (By waning it, not abruptly)

    ***Something that I was fighting so hard for for almost a year!

    Both of us have been through so much aggravations, frustrations, lies on records, pressure, inconsideration, intimidation, violation of rights, injustice in the mental health system in the past 24 years!

    In 2014, with the help of Dr. Peter Breggin’s books, over a period of 5 months, DISCRETELY, I was able to decrease my son’s drugs down to 20% from 9 pills to 2! My son was at HIS BEST EVER! His doctor, who didn’t know that I was reducing the meds, told me after seeing him one day: “This is not the same person I knew before”! However, when the team found out, they gave me HELL! One of them at an urgent meeting about it, even though the BIG DIFFERENCE was very obvious to them, asked me: “Have you even been diagnosed with a mental illness yourself…? (For helping my son get better…. – UNBELIEVABLE BUT TRUE)!

    My conclusions:

    1) My son’s “Right to Refuse” was violated by the doctors!

    2) He should”ve NEVER been “FORCED” to take the dangerous drug “CLOZAPINE”!

    Because of that, my son had to endure all those sufferings, hospitalizations, constipation, drooling, swelling of the face, lips and tongue, sepsis, neuroleptic malignant syndrome, pneumonia, pleural effusion!

    4) He could’ve died if he was not brought to ER right away”!

    I optimistically pray and hope that one day, we will see the END of “FORCED TREATMENT” in my country and around the world!

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    1. Hi Gigi. Thank you for sharing the experience you and your son have had with forced psychiatry. I want to point out an issue regarding forced treatment that you might not have been aware of. You expressed relief that your son was taken to the hospital by police after attempting suicide by walking out into traffic. But if he was not injured, then this must have been a psychiatric hospitalization, which is forced treatment and is contrary to the CRPD. It is not only being forced to take drugs, it is also being taken to a hospital against your will. Perhaps it was not against your son’s will, but often it is in these situations. And in a hospital is where all the harm starts. Many people want “true asylum” or “respite”, a place where they can be nurtured and gather their resources again. But as we see that is not what happens.

      It’s also interesting what you describe in connection with the psychiatrists pressuring your son to agree to take a drug by threatening that this is the only way he will be discharged. It is so typical that this happens, and shows the cynical approach they take to the question of competence, which in any case is contrary to the CRPD. If the CRPD were followed there would be no intimidation to coerce consent, and people’s decisions would be respected; also there would be independent support made available to the person to make decisions about psychiatric treatment if they wanted to consider it and requested help in thinking about the decision. (Independent support should not be connected with the mental health system, rather something like peer advocates or any person that the individual chooses).

      Thanks again for your comment and I am glad you and your son found good resources to lower the drugs. Best wishes to him in his ongoing journey whether he chooses to stay on the two drugs or to finally discontinue entirely.

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