Contribution Jules Malleus à la Campagne pour soutenir l’Abolition totale des soins et de l’hospitalisation sans consentement en application de la CDPH de l’ONU

http://depsychiatriser.blogspot.no/2016/03/contribution-jules-malleus-la-campagne.html

Merci au Comité de la Convention Droits des Personnes Handicapées.
Merci aux Usagers et Survivants de la Psychiatrie.
Vous avez su vous exprimer, vous avez su les écouter.
Grâce à vous, les bases sont en place pour faire respecter les droits de l’homme là où ils sont bafoués.
Merci du fond du cœur à chacun d’entre vous.
Je m’appelle Jules Malleus.

Sous ce nom, j’écris des articles et des contes qui sont souvent en rapport avec la psychiatrie.

Je ne prétends pas être un expert en quoi que ce soit, mais je voudrais vous expliquer ici pourquoi je participe à la Campagne pour soutenir l’Abolition totale des soins et de l’hospitalisation sans consentement en application de la CDPH de l’ONU.

https://absoluteprohibition.wordpress.com/
https://absoluteprohibition.wordpress.com/

Je souhaiterais vous parler d’une machine.
Une machine avec des engrenages et avec des pistons.
Une machine inventée par les hommes.
Cette machine, je lui en veux. Je peux même dire que je la hais.
J’accuse cette machine d’avoir détruit peu à peu ma mère, mon père, et certains de mes amis.
C’est la machine des traitements psychopharmacologiques imposés aux personnes.

Vous connaissez cette machine: C’est la machine du film Metropolis de Fritz Lang, sorti en 1927. Le héros du film recule frappé d’effroi, car il a compris que la machine est un Moloch, c’est à dire une sorte de culte maléfique auquel on sacrifie les êtres humains.En haut de l’escalier de la machine, il y a des êtres humains. Les mains liées dans le dos. Maltraités par les gardes, qui sont aux ordres des deux personnages porteurs d’une haute coiffe. Analogiquement, ce sont les patients psychiatriques traités sans leur consentement.

Ils sont poussés dans l’antre de la machine. En tous points, ils ressemblent à des esclaves. Ils ont perdus tous leurs droits  : leur corps et leur psychisme sont à la merci de la machine.

Les deux personnages à l’entrée du four portent un masque d’impassibilité  : ils ne manifestent pas d’émotion. Leur coiffe est une mitre de prétention à une connaissance supérieure  : dans l’analogie, ce sont les médecins qui désignent les prisonniers et décident de leur sort.

Quand je pense aux traitements forcés, et bien je pense à ceci  :

 
«  Toute résistance est inutile. Vous allez être assimilée.  »

La capitaine Janeway subit un traitement forcé dans l’épisode 146 de la série Star Trek Voyager. Le traitement servira à assimiler la victime dans le collectif auquel appartient le vilain monsieur.

J’ai placé cette photo parce que l’objectif d’un traitement psychiatrique est de rendre la personne moins «  anormale  », c’est à dire de la normaliser en quelque sorte. L’injection prive la victime de sa volonté  : celle-ci devient esclave du collectif.

C’est à dire que la différence, la diversité, vouloir être «  hors norme  », par exemple, est considéré comme une maladie, qu’on se propose d’éliminer, par la force.

Le traitement forcé n’est que le début  :

Dans le film «  Le Seigneur des Anneaux III  », de Peter Jackson, 2003, le héros Frodo reçoit une injection forcée de l’araignée géante Shelob, ce qui a pour effet de le faire baver et de lui faire perdre ses moyens. L’araignée entortille alors sa victime de sécrétions gluantes afin de laisser sa viande faisander quelque temps dans sa caverne.

C’est à dire que le venin sert à paralyser la victime. Les traitements dits anti-psychotiques font de même et diminuent les capacités de défense du patient. Il devient alors plus facile de briser la personnalité afin de faire consentir à ce que l’on veut.

J’ai appris la programmation informatique, afin d’essayer de gagner ma vie. Et ce que je vous propose c’est un algorithme. L’algorithme qui suit n’existe pas dans les textes, il n’est pas enseigné non plus.
Il représente davantage une sorte de boutade destinée à faire comprendre l’absurdité d’un système.

C’est mon analyse de ce qui se passe quand une institution et ses rouages se mettent à tourner sans rien prouver de concret. Le mot-clé est non-compliance. Non-compliance au traitement signifie que vous êtes aussi dans le déni du trouble, donc on vous classe dans la case psychotique.

J’ai montré cet algorithme à des survivants: certains m’ont confirmé ceci. Ils m’ont expliqué qu’ils étaient obligés de jouer la comédie du malade et de la guérison pour parvenir à sortir de l’enfer des droguages abrutissants qui leur étaient imposés.

Quand une indication n’est pas étayée par des preuves biologiques, quand la maladie supposée n’a pas été caractérisée par des pathologistes, alors il me semble légitime de qualifier le traitement d’expérimental.

J’estime aussi que la mécanique d’augmentation des doses que j’ai décrite dans cet algorithme n’est pas autre chose qu’une machine de torture.

Les victimes du traitement forcé ont été diffamées. On n’a plus confiance en elles. Elles font peur. Les personnes n’ont plus confiance en elles-mêmes. Certaines présentent des maladies iatrogènes. Beaucoup sont traumatisées par l’expérience. Elles vivent dans la peur d’un nouveau traitement forcé, elles sont menacées de «  rechuter  ». Beaucoup restent engluées dans des addictions psychopharmacologiques auto-destructrices. Il en résulte la perte de son potentiel, l’empêchement de se réaliser, l’échec, le désespoir, la culpabilité, le chômage, la précarité, et cela conduit souvent à la fuite dans l’addiction, et au suicide.

Témoignage d’Agnès:

“Ayant été hospitalisée à 10 reprises, j’ai subi des traitements
dégradants, des humiliations. Nous sommes traités là-bas comme des animaux. On nous attache, on nous met à l’isolation etc…
Ce n’est pas parce que nous sommes en crise et donc soit-disant dangereux que l’on nous traite ainsi. Non, le but est de nous casser pour nous faire avaler des médicaments et nous donner une leçon pour que nous n’arrêtions plus de les prendre. Et toute la société accepte cela comme une chose normale.”

Et voilà …

Moloch est repus. Moloch vous remercie.

Et cela va continuer à moins que …

Ensemble exigeons que les lois de santé mentale de notre pays ne permettent plus, mais au contraire abolissent, le traitement forcé.

Références:

La convention ONU relative aux droits des personnes handicapées (CDPH)
http://www.un.org/french/disabilities/default.asp?id=1413

L’Observation générale n° 1 sur l’article 12
http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/CRPD/Pages/GC.aspx

Statistiques 2014 Psychiatrie France
http://www.atih.sante.fr/sites/default/files/public/content/2790/rapport_2014_psychiatrie.xlsx

Statistiques judiciaires sur les hospitalisations psychiatriques sans consentement en 2014 en France
http://psychiatrie.crpa.asso.fr/2015-07-28-cm-Statistiques-judiciaires-sur-les-hospitalisations-psychiatriques-sans-consentement-en-2014?lang=fr

Le dossier de presse et les photos du rapport 2015 de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté en France
http://www.cglpl.fr/2016/publication-du-rapport-dactivite-2015/

Les UMD, “Unités pour Malades Difficiles”, un témoignage.
http://psychiatrie.crpa.asso.fr/IMG/pdf/2016-02-16-temoignage-sdre-epsm-rhone-alpes_2.pdf

Dimitri, 19 ans de maltraitance d’une personne adulte handicapée en institution: attaché, drogué, envoyé en UMD.
https://www.facebook.com/Soutien-%C3%A0-Dimitri-Fargette-1665872200308023/

Thomas Szasz, 1997: “Insanity: the idea and its consequences.”

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